Aujourd'hui il n'est plus temps de réfléchir, d'organiser, de convaincre, les débats sont clos. Ce soir la Tunisie aura voté, aujourd'hui on ne veut plus influencer les esprits. Les meetings, les banderoles, la tractation sont interdits en ce jour de scrutin. Déjà, la veille, les Soussiens s'employaient à décrocher les banderoles et passer un coup de peinture sur les affiches.
La communication est la clé de cette campagne, comment se démarquer parmi les 112 partis présents dans ces élections ? L'écrit ne suffit pas dans un pays où de nombreuses personnes ne savent pas lire. Chaque parti doit être identifiable : un nom, un numéro, un logo. Un poisson pour Ettakatol, une colombe pour Ennahda ... Une seule croix devant le logo adéquat et le vote sera validé.
Dans les rues de Sousse, on retrouve ces nombreuses croix qui expliquent devant quel logo il faudra cocher. Les rues sont jonchées de prospectus, ou du moins ce qu'il en reste. A chaque pas, un logo, une croix, un numéro, une photo nous rappelle la campagne passée, le vote à venir.
Défense d'afficher, de poser des banderoles dans les rue de Sousse aujourd'hui, seul le goudron dévoile le choix d'avenir que les Tunisiens devront faire.